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Pour ou contre les mitaines de Nathalie Kosciusko-Morizet ?

Lundi 2 février 2009

Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM), nouvelle secrétaire d’Etat au développement de l’Economie numérique depuis le 15 janvier 2009, aime les mitaines — goût qu’elle partage par ailleurs avec Victoria Beckham, femme la plus mal habillée au monde.

les mitaines de Nathalie Kosciusko-Morizet

les mitaines de Nathalie Kosciusko-Morizet

Or, d’après Wikipédia :

Mitaine dérive de l’ancien français mite (« chatte »), allusion à la fourrure douce de cet animal. Il s’agit de gants dont les doigts ne sont pas fermés, comme s’ils avaient été coupés.

(…)

Si la mitaine a d’abord une fonction utilitaire laissant le bout des doigts nus libre de travailler, elles deviennent dès le XVIIIe siècle des accessoires de mode, portées en intérieur par les dames dans un but uniquement esthétique. Cette mode subsistera jusqu’au XIXe siècle.

Aïe… ça commence mal. Olivier Schmitt, du Monde, est assez positif ; en revanche, les commentateurs de Europe1.fr se déchirent. Et vous, qu’en pensez-vous ?

Les Prénumériques : réponse à Jacques-François Marchandise

Jeudi 22 janvier 2009

Dans son article sur les Prénumériques, Jacques-François Marchandises de la FING soutient à propos de ce que nous vivons aujourd’hui en matière de technologies de l’information, et plus généralement à propos du progrès, une thèse dont mon interprétation est la suivante : “tout change, mais en fait pas trop…”

Franchement je trouve son argument douteux intellectuellement parlant et même presque “négationniste” [restons politiquement correct] je ne partage pas cet argument… Pour prendre l’exemple de l’avènement du chemin de fer et de son rôle dans la révolution industrielle, on pourrait dire que le changement n’était pas si grand, puisqu’avant on avait les carrosses et que peu de temps après on a eu les voitures. Mais c’est nier deux choses : le fait que le changement est qualitatif (ce n’est pas uniquement une amélioration de l’existant) et surtout le fait que ce changement a lieu sur une plage de temps très courte. C’est ce qu’on vit depuis 10 ans (du premier téléphone portable à la généralisation de Twitter aujourd’hui : 10 ans à l’échelle de l’histoire, c’est court) et c’est pour cela qu’on peut légitimement appeler ça une révolution de l’information. Pour comparaison, qu’est-ce qui avait changé dans la diffusion de l’information depuis la généralisation du téléphone (1920 aux US, 1945 en France) et jusqu’à 1995 ? “Arguablement”, pas grand chose…

Les axiomes du Web 2.0 en entreprise

Mercredi 14 janvier 2009

Le Web 2.0, phénomène grand public par origine et par essence,  se diffuse aujourd’hui au sein des entreprises. Diffusion des outils et des technologies, tout d’abord (passage des clients mail au webmail, par exemple) et ce pour une raison très simple : les employés acquièrent aujourd’hui les bases de leur pratique de l’informatique à la maison — où ils bénéficient de l’informatique “d’aujourd’hui” — et pas dans l’entreprise — où les outils mis à leur disposition sont souvent bien loin de l’état de l’art.

Mais surtout, diffusion des pratiques et usages — les traits principaux de l’impact organisationnel du Web 2.0 en entreprise sont :

  • la transversalisation et la libéralisation du flux d’information,
  • la proximation et l’intermédiation sociale,
  • l’instantanéification de la communication.

Tout d’abord, le flux de l’information ne suit plus la structure hiérarchique “en arbre” rigide où le chef connait et contrôle tout ce qui se passe dans son équipe, et où une information pour passer d’une équipe à une autre doit remonter au “plus petit commun multiple” hiérarchique puis redescendre jusqu’au destinataire. Tous les membres de l’équipe sont maintenant dans la même boucle d’information, le partage d’infos se faisant de manière ad hoc. Cela ne signifie pas que le contrôle d’information soit devenu impossible ; au contraire, ce contrôle est maintenant beaucoup plus granulaire, la détermination du niveau de confidentialité ou de diffusion d’une information étant distribué à tous les niveaux et non plus seulement au plus haut niveau. Cette “déréglementation” de la diffusion de l’information a permis le développement des wikis en entreprises, les blog d’entreprises, etc.

Dans le même temps, cette transversalisation s’accompagne d’un phénomène de proximation sociale : prendre un contact n’est plus aussi formel, puisque l’on engage dans la vie de tous les jours des discussions nombreuses avec des inconnus par l’intermédiaire des applications Web 2.0. Les inconnus deviennent abordables, les collègues éloignés se rapprochent, le graphe social professionnel se décolle du graphe hiérarchique prédéterminé, et surtout il évolue au
cours du temps. La vitesse de construction de relations sociales, certes plus superficielles, est décuplée. La cohésion du groupe professionnel est accrue, le sentiment d’appartenance à une équipe également.

Enfin, l’instantanéification de la communication : un mail demandait moins de temps qu’un appel téléphonique grâce à l’asynchronicité du moyen de communication. Aujourd’hui l’instant messaging, le microblogging abaissent encore les barrières à l’entrée de la communication. La conscience d’appartenir à un organisme vivant, en temps réel, est un puissant outil de motivation.

Ainsi, les usages issus du “Web 2.0″ impactent profondément l’organisation des entreprises. Aujourd’hui, la question n’est donc plus “faut-il chercher à empêcher ces évolutions ?” mais plutôt : “comment faire en sorte que ces pratiques permettent d’augmenter la productivité de l’entreprise ?”…

Les Awards de l’information publique : RTE

Mercredi 14 janvier 2009

La semaine dernière on a beaucoup parlé de pics de consommation électrique puisqu’en raison du froid “polaire” qui s’est abattu sur la France, les records de consommation instantanée ont été battus trois soirs d’affilée : 90 200 MW le 5 janvier, 91 500 MW le 6, et enfin 92 400 MW le 7.

En jetant un petit coup d’oeil aux statistiques de consommation électrique en France disponibles sur le Web, j’ai été très positivement surpris par la qualité des données fournies à ce sujet par RTE sur son site, où l’on peut voir, aussi bien la consommation instantanée (par pas de 15 min) que des données agrégées, pour toute l’année 2008 par exemple.

L’information des différents services publics est souvent inaccessible, cachée, inutilisable… alors qu’elle nous appartient. Dans son excellent billet “les joyaux de la couronne n’appartiennent à personne“, Jean-Marc Manach de la FING revenait en décembre dernier sur les différentes initiatives prises au Royaume-Uni pour encourager l’utilisation innovante de l’information publique par les citoyens — avec un focus particulier sur le mapping de données locales — et l’on ne peut que regretter le manque d’initiatives similaires en France… Au nom de tous les “information junkies” et de tous les partisans de la diffusion la plus large possible de l’information, je décerne donc un Award de l’information publique à RTE.

rte-7-janvier

Et pourquoi ne pas en faire un prix récurrent ? L’idée serait de consigner des observations sur les services publics se distinguant par la mise à la disposition des citoyens d’informations utiles et exploitables. Qu’en pensez-vous ?